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*français ci-dessous*

La llamada de Amanda la esperaba desde hace días, sin saber por qué medio me iba a llegar. He empezado a darme vacaciones por horas. Una hora no estoy en whatsapp, otra salgo de Facebook y así…La hyper conexión entretiene al mismo tiempo que fatiga. Siento un enorme cansancio de tanto hablar, de tanto exponerme y repetir las mismas conversaciones.

En el relato de Amanda un patrullero pasa cada mañana recordando las instrucciones de la jornada, la principal es no salir. Las calles de Madrid están vacías mientras bajo tierra los olvidados se sumerjen para llegar a ganar el pan. Nunca estuve tan feliz de haberme mudado al campo, aquí la Guardia Nacional nos vigila pero de momento no se ha llevado a nadie. Los militares pasean sus metralletas, sus boinas de lado, sus botas pisa gente. Intento no mirarlos, negarlos para que en la noche no se mezclen con mis sueños.

Por las tardes, cuando el miedo mengúa abro el balcón y saco a ventilar las plantas. El sol está fuerte y ellas parecen refregarse contra los rayos. Las aromáticas que planté hace una semana empiezan a prender y sé que pronto podré cortarles unas hojas. Estoy pensando cómo hacer para conseguir morrón y tomates.

Cada tanto veo pasar a alguna persona, llevan máscara, la forma y los colores varían a medida que pasan los días. Las bufandas también se suman a esta suerte de guerrilla. Pero los uniformes huelen a domingo, miro por las ventanas y veo un pueblo vestido de domingo. Hasta entonces habíamos subestimado la cantidad de actividades que se podían hacer en pantuflas. Infiero que la bata se pondrá de moda y la elegancia será ontológicamente estudiada.

Dale tiempo a la gente y la conocerás.

Los días que aún salgo a la calle me cruzo con muy pocas personas, seguimos saludándonos aunque nos hayamos vuelto una familia de parientes lejanos y vecinos con pereza de verse. Las caras empiezan a ser conocidas aunque no haya una palabra luego de darnos los buenos días. Somos más simpáticos pero tememos del que tenemos al lado, desconfiamos y corremos.

Hace media hora que salí a buscar mi correo, van semanas que no me llega nada pero de todas formas no pierdo la esperanza. Desde que regresé el modem no conecta. Lo apago, lo prendo, desconecto todo y vuelvo a empezar. Esto ya había pasado antes, no tengo que preocuparme. Sigo probando pero de momento nada.

Saco el aparato y lo enchufo en la segunda salida del adsl. Sí, vivo en un monoambiente y tengo dos puestos de internet. No me pregunten por qué lo hicieron así, cuando llegué ya estaba.
Nada, el modem no conecta. Pruebo una lámpara en los enchufes, la electricidad funciona bien. Supongo que será cuestión de esperar.

Me siento en el sillón, Murakami me acompaña. Leo un capítulo, no logro concentrarme, me olbigo, la panza se me llena de hormigas. De repente, salto del sillón y corro hasta mi bolso, allí no está. Camino en rondas alrededor de la mesa, salto y saco la campera del placard. Allí estaba mi celular, lo saco, miro los datos y las hormigas se me caen del cuerpo inundando el comedor, confirmo lo peor…

No hay conexión.


Ça fait des jours que j’attendais l’appel d’Amanda sans savoir par quel moyen il m’arriverait. J’ai commencé à prendre des vacances à l’heure : une heure, je ne suis pas sur Whatsapp, une autre je sors de Facebook et ainsi de suite… L’hyper-connexion divertit en même temps qu’elle épuise. Je sens une grosse fatigue de tant parler, de tant m’exposer et de répéter les mêmes conversations.

Amanda me raconte qu’une patrouille de police passe tous les matins pour rappeler les instructions de la journée, la principale étant de ne pas sortir. Les rues de Madrid sont vides, pendant que sous terre, les oubliés s’enfouissent pour arriver à gagner leur pain. Jamais je n’ai été si heureuse de m’être installée à la campagne. Ici les forces de l’ordre nous surveillent mais n’ont pour l’instant arrêté personne. Les militaires promènent leurs mitraillettes, leur bérets inclinés, leurs bottes écrase-tout-le-monde. J’essaye de ne pas les regarder, de les nier pour qu’ils ne viennent pas se mélanger à mes rêves la nuit.

L’après-midi, quand la peur baisse, j’ouvre le balcon et je sors les plantes pour les aérer. Le soleil est fort et on dirait que les plantes se frottent à ses rayons. Les herbes aromatiques que j’ai plantées il y a une semaine commencent à prendre et je sais que je pourrai bientôt en couper quelques feuilles. Je me demande comment faire pousser du poivron et des tomates.

De temps en temps, je vois un passant, ils portent des masques dont la forme et la couleur varient à mesure que passent les jours. Les écharpes aussi se mettent à ce diapason guérillero. Mais les uniformes sentent le dimanche, je regarde par la fenêtre et je vois un peuple endimanché. Jusque là, on avait sous-estimé tout ce qu’il est possible de faire en pantoufles. J’en déduis que la robe de chambre deviendra à la mode et que l’élégance sera étudiée ontologiquement.

Donne du temps aux gens et tu les connaîtras.

Les rares jours où je sors, je croise très peu de gens dans la rue. Nous nous saluons même si nous sommes devenus une communauté de parents éloignés et de voisins qui a la flemme de se voir. Les visages sont devenus familiers même si nous n’échangeons pas un mot au-delà du bonjour. Nous sommes plus sympathiques mais nous avons peur de celui qui est à côté : nous nous méfions et nous mettons à courir.

Il y a une demi-heure je suis sortie pour chercher mon courrier. Depuis des semaines je ne reçois rien, mais je ne perds pas espoir. Depuis que je suis rentrée, la box ne se connecte pas. Je l’éteins, je l’allume, je débranche tout et je recommence. Ce n’est pas la première fois que ça arrive, il n’y a pas de quoi s’inquiéter. Je continue mes tentatives, mais pour l’instant, rien ne se passe.

Je prends la box pour la brancher sur la deuxième prise ADSL. Oui, je vis dans un studio et j’ai deux prises internet, ne me demandez pas pourquoi, c’était comme ça quand je suis arrivée.
Toujours rien, la box ne se connecte pas. J’allume une lampe pour vérifier les prises, l’électricité fonctionne. Je suppose qu’il suffit d’attendre.

Je m’assois dans le fauteuil. Murakami m’accompagne. Je lis un chapitre mais n’arrive pas à me concentrer, je me force, j’ai des fourmis plein le ventre. Tout à coup je saute du fauteuil et je cours jusqu’à mon sac. Il n’est pas dedans. Je tourne en rond autour de la table, je bondis et sors ma veste du placard. C’est là qu’est mon portable, je le sors de la poche, je vérifie les data et là, les fourmis dégringolent de mon corps inondant le sol : le pire est confirmé…

Il n’y a pas de connexion.

Texte : Valentina Viettro
Traduction : Stephanie Bernoux 

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