IX

*français ci-dessous*

Esta mañana me desperté más tarde que nunca, aunque en realidad ese momento en qué finalmente decidí salir de la cama podría llamarse la tercera despertada. Desde hace varias noches que no consigo dormirme antes de las tres de la mañana y a las cinco el baño me llama y hasta él me arrastro incapaz de abrir los ojos y vuelvo. La segunda vez no son más de las siete cuando la luz se decide a importunarme. Pero esta mañana logré esconderme bajo las sábanas y seguir.

Dejo la cama un poco mareada, me sostengo de la biblioteca que está del lado derecho e intento ordernar las ideas. Estás sola, todo depende de ti, ¿qué te está pasando? Nada, me digo. Sigo derecho al baño, me saco el pijama y de ahí a la ducha.

Quizás porque nací en febrero y de signo me tocó acuario es que estoy convencida de que el agua es regeneradora. Cuando no consigo sacarme el frío me baño, cuando me duele la espalda me baño, cuando no logro pensar me baño, cuando me duelen los ovarios me baño.

Salgo de la ducha con la cabeza en orden, no estoy acostumbrada a despertarme dormida y eso me asusta. Desde que comenzó mi vida adulta, al menos desde allí, me despierto totalmente desvelada, pensando en algo, recordando un sueño o con una canción que recorre en ronda los contornos de mi cabeza.

Confirmando que el día se organizaba con las patas para arriba apronté mi declaración jurada, mi justificación de domicilio, pasaporte, pañuelitos descartables, tomé el celular que hace de cámara de fotos, las llaves y salí a hacer mi rutina matinal. Esta vez como si supiera lo que estaba haciendo cambié el cambino a la colina y me fui derecho a un bosque, uno que hasta ahora solo vi desde la ventana del bondi. Es extraño que en seis meses nunca había encontrado la oportunidad de ir, trabajo, cansancio, frío. La gente se llena de excusas mientras la vida se le va.

En el camino vienen a mi mente las personas que se quedaron viviendo con gente que ya no quería, que no soportaba más, a esas que se estancaron en la costumbre ahora encerradas mirandose las caras sin saber qué decirse. Pienso en las mujeres encerradas con sus agresores, en las que temen pedir ayuda, en las que se acuestan muertas de miedo.

La entrada al bosque está más cerca de lo que pensaba. En la mañana aún pasan coches, supongo que es gente buscando qué comer. Empecé a subir un camino de piedras y un nuevo punto de vista se abrió ante mis ojos. Supongo que a esto se refería el cálculo de la probabilidad en las clases de matemáticas que nunca logré entender pero que cada día aplico entre caminatas y mi cocina. Existen tantas posbilidades sobre la misma ruta, a lo largo de una jornada, en una única vida. Solo teníamos que prestar atención a la profe de matematicas.

Desde arriba otras casas son las protagonistas del paisaje, el sendero del bosque es una invitación, un tajo abierto en medio de la arboleda. Allí voy, de a ratos corro, por momentos me detengo y observo. Hay restos arqueológicos en el suelo, sé que abajo de estas piedras duerme una civilización enterrada. Llego a un viejo molino, busco la puerta y entro. Desde adentro el cielo se puede limitar en un círculo de piedra y hojas. Hace tiempo sé que debería haber terminado mis estudios de Historia, me siento fascinada por estos encuentros, saco fotos y continúo.

El bosque tiene casitas del árbol montadas por los niños del lugar, estas parecen refugios y a mi me sale entrar y sentarme en postura india. Debería aprender a hacer fuego con dos palitos, pienso esa estúpidez y sigo. Encuentro un segundo molino, este más derruído que el anterior, los árboles lo sostienen, lo esconden, lo protegen.

Salgo de allí y una pradera inverosímil se abre ante mis ojos. El sol está fuerte, me tiro en el pasto y abro los brazos como posando para mi propia película. Vine a hacer deporte y acá estoy, hecha una bolsa de huesos que se acomoda a la suerte de palitos, piedritas y raíces que deciden clavarse en mi espalda. Un olor activa mis narinas, miro a los costados, intento resolver el misterio hasta que noto que estoy rodeada de tomillo. Corto un pedacito, lo apreto en mis dedos, lo llevo a la boca y masco.

El camino de vuelta no tuvo corridas, los sentidos en alerta, bajo los árboles donde hace un momento solo veía piedras, encontré romero, salvia, cibulet, diente de león y perejil. Noté que allí hay lavandas pero aún no es época. Debe haber tantas cosas ocultas en mi ignorancia, ¿como ver lo desconocido? Ya en casa vuelvo a la tierra la cibulet, el perejil y tomillo. El resto va a la cocina y de allí a la olla. Se vienen tiempos de supervivencia y tocará aprender a resistir.


Ce matin je me suis réveillée plus tard que jamais, quoique, le moment où je suis finalement sortie du lit pourrait être considéré comme le troisième réveil. Depuis plusieurs nuits je n’arrive pas à dormir avant trois heures du matin et à cinq heures il y a l’appel des toilettes jusqu’où je me traîne les yeux fermés avant de me recoucher. Vers sept heures, pas plus tard, la lumière commence à m’importuner et me réveille pour la deuxième fois. Mais ce matin, j’ai caché ma tête sous les draps et pu continuer à dormir.

Je sors du lit un peu étourdie, je m’appuie à la bibliothèque, sur la droite, et j’essaye de mettre de l’ordre dans mes idées. Tu es seule, tout repose sur toi. Qu’est-ce qui t’arrive ? Rien, je me réponds. Je vais tout droit à la salle de bains, retire mon pyjama et direct à la douche.

Peut-être parce que je suis née en février sous le signe du verseau, je suis persuadée que l’eau me régénère. Quand je n’arrive pas à me réchauffer, je prends une douche, quand j’ai mal au dos, une douche, quand je n’arrive pas à penser, une douche, quand j’ai mal aux ovaires, une douche.

J’en ressors avec les idées en place. Je n’ai pas l’habitude de me réveiller endormie et ça me fait peur. Depuis le début de ma vie d’adulte, au moins, je me réveille complètement alerte, en train de penser à quelque chose, de me souvenir d’un rêve ou bien avec une chanson qui me tourne dans la tête.

Persuadée que la journée démarrait de travers, j’ai préparé ma déclaration sur l’honneur, mon justificatif de domicile, mon passeport, des mouchoirs en papier, j’ai pris le téléphone portable qui sert d’appareil photo, les clés et je suis sortie pour ma routine matinale. Cette fois, comme si je savais ce que je faisais, je n’ai pas pris le chemin vers la colline et suis partie tout droit vers une forêt que jusque là je n’avais vue que depuis la fenêtre du bus. C’est drôle qu’en six mois je n’aie jamais trouvé l’occasion d’y aller. Le travail, la fatigue, le froid. Les gens se cachent derrière des tas d’excuses pendant que leur vie passe.

En marchant, me viennent à l’esprit ceux qui se retrouvent à vivre avec des gens qu’ils n’aiment déjà plus, qu’ils ne supportent déjà plus, ceux qui se sont enfoncés dans l’habitude et se retrouvent enfermés à se regarder dans les yeux sans avoir rien à se dire. Je pense aux femmes coincées avec leur agresseur, à celles qui ont peur de demander de l’aide, à celles qui se couchent en tremblant de peur.

L’entrée de la forêt est plus proche que je ne pensais. Le matin, il y a encore des voitures qui passent, je suppose que c’est des gens qui vont faire leurs courses. Je commence à gravir un chemin de pierres et un nouveau point de vue s’offre à mes yeux. J’imagine que c’est à ça que référait le calcul de probabilité en cours de maths, concept que je n’ai jamais réussi à comprendre mais que j’applique tous les jours entre promenades et cuisine. Il y a tellement de possibilités sur la même route, dans une même journée, dans une seule vie. Nous n’avions qu’à prêter attention à la prof de maths.

D’en haut on voit d’autres maisons habiller le paysage, le sentier dans la forêt paraît une invitation, une entaille dans la canopée. J’y vais, je cours par intermittence, par moments je m’arrête et j’observe. Il y a des vestiges archéologiques dans le sol, je sais que sous ces pierres dort une civilisation enterrée. J’arrive à un vieux moulin, je cherche la porte et j’entre. De l’intérieur, le ciel se réduit à un cercle de pierres et de feuilles. Je sais depuis longtemps que j’aurais dû terminer mes études d’histoire : je suis fascinée par ces trouvailles. Je prends des photos et je continue.

Dans la forêt il y a des cabanes dans les arbres construites par les gamins du coin, elle ressemblent à des refuges, je peux y entrer et m’y asseoir en tailleur. Je devrais apprendre à faire du feu avec deux bouts de bois, j’ai cette pensée stupide avant de poursuivre mon chemin. Je trouve un second moulin, celui là plus abîmé que le précédent : les arbres le soutiennent, le cachent, le protègent.

En sortant de là, une prairie invraisemblable s’ouvre devant mes yeux. Le soleil tape fort, je m’allonge dans l’herbe et j’écarte les bras comme si je posais pour mon propre film. Je suis venue faire du sport et me voilà, un sac d’os qui s’accommode au hasard des petites branches, pierres, racines qui décident de s’enfoncer dans mon dos. Une odeur réveille mes narines, je regarde sur les côtés essayant de résoudre le mystère, jusqu’à remarquer que je suis entourée de thym. Je coupe un brin, le presse entre mes doigts, le mets dans ma bouche et je mâche.

Au retour, je ne cours pas. Les sens en alerte, sous les arbres où, il y a peu, je ne voyais que des pierres, je trouve du romarin, de la sauge, de la ciboulette, des pissenlits et du persil. Je remarque qu’il y a de la lavande mais ce n’est pas encore la saison. Il doit y avoir tant de choses cachées derrière mon ignorance. Comment voir ce dont on ignore l’existence ?
De retour à la maison, je remets en terre la ciboulette, le persil et le thym. Le reste part pour la cuisine et de là, à la casserole. S’annoncent des temps de survie, et il faudra apprendre à résister.

Texte : Valentina Viettro
Traduction : Stephanie Bernoux 

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