VIII

*français ci-dessous*

A Marck no le importa nada, soy un poca dura cuando digo eso pero es bastante cierto. Él ya había dejado de pensar en el futuro desde antes de que este dejara de existir.

Marck no va tras el dinero, ni lo tiene. Percibe un ingreso mínimo y vive en la mesura que le es permitida. Tampoco le interesa viajar, cambiar de auto. Usa siempre la misma ropa, es amante del invierno, de su gata y su sillón. Yo siempre creí estúpida la idea de trabajar toda una vida para liberarse de esto cuando ya no te puedas mover. ¿De qué me sirve tener tiempo cuando ya no tenga salud? ¿O fuerza? ¿ O coraje? Las preguntas que rondan la cabeza y esta que se empieza a marear, pero esto no empezó esta semana.

En este mundo el que tiene tiempo no tiene dinero y el que tiene dinero no tiene tiempo. Otra vez la paradoja. Salgo a caminar para darle aire a estas ideas, la guardia no me vé, tengo mi permiso pero a esta hora todo está cerrado. Si me detienen algo me tendré que inventar. La eterna postergación de la campaña está jugando increíblemente a mi favor.

Desde que se decretó la imposición de confinamiento solo las personas que trabajan en los servicios escenciales tienen permitida la salida diaria y extendida. En el frente los valientes, yo nunca lo fui. Cierto es que pretendí ser reportera de guerra pero no lo conseguí. Tampoco fui hecha para las ocho horas y aunque vengo de una familia proletaria cada vez que consigo un trabajo que me paga bien y que por consiguiente se lleva el tiempo de mi jornada un dolor en el pecho se empieza a instalar y más tarde o más temprano sé que voy a renunciar.

Ayer nos peleamos con Marck por nuestro proyecto de vida autónoma. La pasión nos consume el aire y hay que imponer palabras entre las pausas de uno y otro para no salir perdiendo. Él piensa en una chacra, habla de hectáreas, de tener una vaca, criar gallinas, instalar un molino, paneles solares y conservar la energía en baterías. Aparte de lo plantado aspira a un bosque de frutales y una camioneta cuatro por cuatro con la que ir a buscar el agua a una fuente natural.

Mi proyecto es más humilde, yo quiero un décimo de ese terreno donde instalar mi huerta, una casa autosustentable, un techo de paneles solares, un poco de gas por si las moscas, velas y algunos animales de compañía. Estimo que nunca nos pondremos de acuerdo pero con algo de suerte algún día nos podremos visitar.

Si fuera realmente sincera le diría que lo que más ansío es tener mi propia antena, un sistema de radio o invertir en una milésima de satélite porque sé que esta virtualidad tampoco es duradera. Estamos metidos en un capítulo de la tercera temporada de Black Mirror cuando ya todo estaba dicho pero insistían en una metabúsqueda que solo era repetición.

No imagino que haya aún un parque informático capaz de contener las necesidades de tantos millones intentando tocarse por videollamada. ¿Y luego qué? Gente saltando del balcón, dinero que se vuelve papelito inútil, inversiones en bitcoins tiradas al mar, sistemas de seguridad desactivados, cárceles abiertas, escuelas cerradas.

Estoy pensando en mi amigo Flavio y en esa costumbre que tiene de colectar los vestigios del mundo mecánico. Él sí tendrá películas, música y jugará al Nintendo mientras aún tenga electricidad.

Pienso diariamente que a esta historia le caben dos finales, en uno merma la población, los gobiernos aprovechan el descontento popular para instalar un estado de urgencia permamente y algunas pocas pero valiosas personas toman conciencia y se instalan a vivir de la manera más independiente y respetuosa posible a pesar de la represión y el avaro intento de control. Mientras otros se rompen la cabeza para recuperar el nivel de cosumo perdido y en pocos meses todo está olvidado y un nuevo Gran hermano explota en la tv.

O sencillamante este es el comienzo de las diez plagas de Egipto y las aguas dejarán camino a la sangre. Las pulgas de cama sostendrán el colchón de esa bella esposa siempre blanca, siempre ausente. Los moscardones sustituirán a las abejas, inflados y entorpecidos serán cazados olvidando que tienen alas. La harina se nos pegará el intestino y moriremos secos, ensilenciados y creyendo que algún evangelista nos va a salvar.

Cuando se termine lo que tenemos quedará lo que somos.


Pour Marck, rien n’est important. Je suis un peu dure quand je dis ça, mais c’est assez vrai. Lui il avait déjà arrêté de penser à l’avenir avant même que l’avenir n’arrête d’exister.

Marck ne court pas après l’argent et n’en n’a pas non plus. Il perçoit un revenu minimum et vit comme il peut avec ça. Ça ne l’intéresse pas non plus de voyager, de changer de voiture. Il porte toujours les mêmes vêtements, il adore l’hiver, son chat et son fauteuil. J’ai toujours trouvé stupide cette idée de travailler toute sa vie pour s’en libérer au moment où on ne peut déjà plus bouger. Ça me sert à quoi d’avoir du temps, si je n’ai plus la santé ? Ou l’énergie ? Ou le courage ? Les questions me tournent dans la tête et j’ai la tête qui tourne, mais ça ne date pas d’hier.

Dans ce monde, celui qui a du temps n’a pas d’argent et celui qui a de l’argent n’a pas de temps. Encore un paradoxe. Je sors faire un tour pour m’aérer les idées. Les gardiens ne me voient pas, j’ai mon autorisation mais à cette heure tout est fermé. Si on m’arrête, il faudra que j’invente quelque chose. Incroyablement, le retard éternel de la campagne joue en ma faveur.

Depuis l’entrée en vigueur du décret de confinement, seuls ceux qui travaillent dans des activités essentielles ont le droit de sortir tous les jours et toute la journée. Au front les courageux, et moi je ne l’ai jamais été. C’est vrai, j’ai eu la prétention d’être reporter de guerre, mais ça ne s’est pas concrétisé. Je ne suis pas faite non plus pour la journée de huit heures, et même si je viens d’une famille prolétaire, chaque fois que je décroche un travail qui paye bien et qui par conséquent me prend toute ma journée, je ressens une douleur persistante dans la poitrine et je sais que tôt ou tard, je vais démissionner.

Hier Marck et moi nous sommes disputés au sujet de notre projet de vie autonome. La passion consume tout notre air, et il faut mettre des mots entre les silences de l’un et de l’autre pour ne pas en sortir perdants. Lui il pense à une ferme, parle d’hectares, d’avoir une vache, d’élever des poules, d’installer un moulin, des panneaux solaires et des batteries pour stocker l’énergie. En plus des plantations, il veut un verger et un 4×4 pour aller chercher l’eau à une source naturelle.

Mon projet est plus modeste, je veux seulement un dixième de ce terrain pour y planter mon jardin, une maison autonome, des panneaux solaires sur le toit, un peu de gaz au cas où, des bougies et quelques animaux de compagnie. J’imagine que nous ne pourrons jamais nous mettre d’accord mais avec un peu de chance, nous pourrons nous rendre visite un de ces jours.

Si j’étais vraiment sincère, je lui dirais que ce que je souhaite le plus c’est d’avoir ma propre antenne, un système de radio ou un millième de satellite, parce que je sais que cette virtualité n’est pas durable non plus. Nous sommes coincés dans un épisode de la saison 3 de Black Mirror, quand tout a déjà été dit mais qu’ils insistent avec une méta-recherche qui n’est que répétition.

Je n’arrive pas à imaginer qu’il y a encore un parc informatique capable d’assouvir les besoins de tant de millions de personnes qui essaient de se toucher en visioconférence. Et après, quoi ? Des gens qui sautent des balcons, l’argent qui se transforme en bouts de papier inutiles, les investissements en bitcoin jetés à la mer, les systèmes de sécurité désactivés, les prisons ouvertes, les écoles fermées.

Je pense à mon ami Flavio et à son habitude de récupérer les vestiges du monde mécanique. Lui, si, il aura des films, de la musique et pourra jouer à la Nintendo tant qu’il aura de l’électricité.

Je pense tous les jours que cette histoire peut se terminer de deux façons. Soit la population diminue drastiquement et les gouvernements profitent du mécontentement populaire pour instaurer un état d’urgence permanent. Une minorité, faible mais valeureuse, prend conscience de ce qui se passe et va vivre de la manière la plus indépendante et respectueuse de la nature qu’il leur est possible, en dépit de la répression et du contrôle avide, pendant que d’autres se cassent la tête pour retrouver leur niveau de vie et de consommation d’avant. En quelques mois tout est oublié et un nouveau Grand Frère fait un tabac à la télé.

Ou tout simplement, c’est le début des dix plaies d’Égypte, et les eaux laisseront place au sang. Les punaises de lit envahiront le matelas de cette belle épouse, toujours blanche, toujours absente. Les abeilles seront remplacées par des mouches à viande, gonflées, entravées, que l’on chassera en oubliant qu’elles ont des ailes. La farine nous collera les entrailles et nous mourrons, desséchés, réduits au silence et croyant encore pouvoir être sauvés par un évangéliste quelconque.
Quand ce que nous avons sera fini, il restera ce que nous sommes.

Texte : Valentina Viettro
Traduction : Stephanie Bernoux 

Responder

Introduce tus datos o haz clic en un icono para iniciar sesión:

Logo de WordPress.com

Estás comentando usando tu cuenta de WordPress.com. Cerrar sesión /  Cambiar )

Google photo

Estás comentando usando tu cuenta de Google. Cerrar sesión /  Cambiar )

Imagen de Twitter

Estás comentando usando tu cuenta de Twitter. Cerrar sesión /  Cambiar )

Foto de Facebook

Estás comentando usando tu cuenta de Facebook. Cerrar sesión /  Cambiar )

Conectando a %s

Sitio web ofrecido por WordPress.com.

Subir ↑

A %d blogueros les gusta esto: