II

*Français ci-dessous*


Ya no recuerdo cuándo fue que empezamos a hablar de un mundo distópico que produce y reproduce sin medida, sin cese, sin consideración. ¿Cuánto tiempo puede demorar en explotar esto? Sin saberlo comentábamos rumores de una posverdad imposible de tocar. ¿50 años, 100? Unos días, una semana, un día, un decreto.

Los glaciales se caen como un helado triple en enero. Las personas se reproducen como pororo. Y la comida se llena de veneno para tener más, para sacar más, para vender más y a eso que se identifica de esencial así la pagamos aunque ya no alimente más.

Nuestra suerte desparramada como animales sueltos en una ruta de automóviles de faros altos. Enceguecidos elegimos calzarnos los anteojos y desviar la mirada y como los burros seguir derechito el camino al que fuimos capaces de acostumbrarnos sabiendo que de un momento a otro vamos a chocar.

Lo cierto es que de la noche a la mañana nuestros teléfonos comenzaron a recibir sms con instrucciones directas. Sí, nos estaban hablando uno a uno, porque conocen nuestros teléfonos, donde vivimos, con quién conversamos en Facebook, con quién discutimos en Twitter, con quién cogemos en Tinder, como nos mostramos en Instagram. Ellos no nos pidieron nada nosotros le dimos todo y hasta llamamos de privados a esos mensajes que mandamos por su propia mensajería. Como si eso fuera poco, organizamos mensajes por tema y festejamos a un sistema de lógica semántica capaz de distinguir el sentido de nuestros secretos.

Nos conocen, nos desconocemos.

A las seis de la tarde suena la alarma anti misiles, no estamos en guerra pero el presidente lo repite y toca creerlo. Nadie declara una guerra sin para ello acumular una serie de motivos. Las ambiciones propias, la megalomanía y la satisfacción de ejercerla, el dominio de los mercados, la medida del miembro y alguna limpieza étnica que nunca viene mal. Porque si hay algo que no se hace en pro de la paz es una guerra y esta no es una excepción.

Nos quieren unidos, nos tienen aislados. ¿Cuántas paradojas se pueden testimoniar antes que una de ellas nos atrape?

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Je ne me souviens déjà plus quand on a commencé à parler d’un monde dystopique qui produit et reproduit sans mesure, sans cesse, sans considération. Combien de temps ça peut durer avant que ça n’explose ? Comme on ne le sait pas, on commente les rumeurs d’une post-vérité qu’on ne peut pas toucher du doigt. 50 ans, 100 ? Quelques jours, une semaine, un décret.
Les glaciers s’effondrent comme un cornet 3 boules en juillet. Les gens se reproduisent comme du pop-corn. Et la nourriture est gorgée de poison pour qu’il y en ait plus, pour en tirer plus pour vendre plus et comme c’est vital, on paye pour ça, alors que ça ne nourrit plus.

Notre chance s’éparpille comme des animaux pris dans des pleins phares le long d’une route.
Aveuglés, nous préférons mettre des lunettes et détourner le regard et, comme des ânes, continuer, butés, sur le chemin auquel nous nous sommes habitués, tout en sachant que d’un moment à l’autre nous allons nous crasher.

Voilà que du jour au lendemain nos téléphones ont commencé à recevoir des SMS avec des instructions directes. Oui, ils nous parlaient à chacun, un par un, parce qu’ils connaissent nos numéros de téléphone, ils savent où nous vivons, avec qui nous parlons sur Facebook, avec qui nous discutons sur Twitter, avec qui nous baisons sur Tinder, comment nous nous exhibons sur Instagram. Ils ne nous ont rien demandé, et nous, on leur a tout donné, jusqu’à considérer privés les messages qu’on envoie en utilisant leur messagerie. Et comme si ça ne suffisait pas, on organise les messages par rubriques et on encense un système de logique sémantique capable de distinguer le sens de nos secrets.

Ils nous connaissent, nous ne nous connaissons pas.

A six heures du soir sonne l’alarme anti missiles, nous ne sommes pas en guerre mais le président le répète et là, il faut le croire. Personne ne déclare une guerre sans préparer tout un tas de raisons. Les ambitions personnelles, la mégalomanie et le plaisir de l’exercer, la maîtrise des marchés, la taille du membre et un peu de purification ethnique qui ne fait jamais de mal. Parce que s’il y a bien une chose qui ne se fait pas pour la paix, c’est une guerre et celle là ne fait pas exception.

Ils nous veulent unis, ils nous tiennent isolés. De combien de paradoxes peut-on être témoins avant d’être rattrapés par l’un d’entre eux ?

Texte : Valentina Viettro
Traduction : Stephanie Bernoux 

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